Certaines consoles ont triomphé, d'autres ont échoué commercialement, mais toutes ont laissé une trace chez les rétro-gamers. Petit voyage dans le temps avec trois machines qui ont marqué leur époque : le Game Boy de Nintendo, puis la Saturn et la Dreamcast de Sega.
Le (ou la) Game Boy
Il y a des consoles qui marquent plus ou moins les esprits. Mais il y a aussi celles qui marquent des générations toutes entières. Le Game Boy peut aisément se placer dans les deux catégories. Sortie en 1989 au Japon et en Amérique du Nord, la petite console portable débarque en Europe le 28 septembre 1990. Développée par Gunpei Yokoi en collaboration avec Nintendo, la console sera pendant près de dix ans une référence dans le milieu du jeu vidéo ; son format portable participe de ce succès. Mais, si on se souvient du Game Boy aujourd'hui, c'est aussi grâce à ses jeux. Que serait le rétro-gaming sans Tetris ? Et que dire de Pokémon qui paraît dès 1996, en donnant un second souffle à la console ? Oui, la légende d'une console se fait aussi par les jeux qui la font vivre, et parfois même survivre, des dizaines d'années plus tard.
Car il ne faut pas oublier qu'à l'époque, d'autres consoles portables existent. Notamment la Game Gear de Sega, sortie un an après le Game Boy, qui n'aura pas le succès attendu. Les problèmes d'autonomie, mais aussi son prix deux fois plus élevé que celui du Game Boy. Les joueurs se tournent alors vers cette dernière et déjà, de nombreux jeux (devenus depuis des références) font leur apparition : Tetris, comme tout le monde le sait ; mais aussi de nombreuses figures importantes de l'univers Nintendo : The Legend of Zelda : Link's Awakening, l'icône Pac-Man, une série de jeux Megaman ou Metroïd II. La plupart de ces noms disent encore quelque chose aux joueurs, et pas seulement aux joueurs adeptes du rétro-gaming. Zelda continue de briller et de permettre à Nintendo de mettre en avant ses nouveaux produits : le succès mondial de Breath of the Wild n'est plus à démontrer.
Reste que la console se fatigue au fil du temps. La technologie avance inexorablement, remettant en question les performances du Game Boy. Différentes versions sortiront pour relancer les ventes, mais aussi pour tenter de renouveler l'offre : le Game Boy Pocket qui réduit la taille de l'objet, puis les Game Boy Color et Advance qui permettent à la marque de proposer l'écran couleur, tout en améliorant les performances de cette petite machine qui aura fait rêver toute une génération.
La Dreamcast
Qui se souvient de la Dreamcast aujourd'hui ? Bon, c'est vrai que lorsqu'on prononce son nom, les plus geeks savent de quoi il est question : une console développée par l'entreprise Sega, sortie au Japon en 1998 et sur nos terres européennes en 1999. Elle est une véritable révolution, puisqu'elle est la première console de sixième génération. C'est notamment la génération de la Playstation 2 de Sony, la Xbox de Microsoft, et la Gamecube de Nintendo. Seulement, la Dreamcast possède plusieurs avantages : d'abord elle est la première à sortir, prenant ainsi de court ses concurrentes. Ses performances sont, pour l'époque, impressionnantes. Et surtout, véritable révolution, elle est livrée nativement avec un modem qui permet aux utilisateurs de jouer en ligne, mais aussi de consulter ses mails et de naviguer sur Internet. C'était le grand luxe, même si les tentatives de connexion échouaient souvent, pendant un moment où Internet lui-même n'était pas encore complètement accessible.
Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est la line-up allstar que la console proposait. Sega oblige, on retrouve les grands noms associés à la franchise : Sonic Adventure (sorti en 1998, réédité par la suite sur le PlayStation Network et le Xbox Live en 2010), mais surtout SoulCalibur avec ses personnages emblématiques : Nightmare, Astaroth, ou encore Ivy qui prenaient littéralement vie grâce à la Dreamcast. Le rétro-gaming permet de se souvenir de tout cet univers un peu oublié ; la console n'ayant pas été un succès commercial, Sega se retire du monde des consoles de salon, préférant se concentrer sur le développement de jeux vidéo. C'est un coup dur pour le géant japonais, mais c'était sans compter sur les joueurs, qui en ont fait une plate-forme de développement indépendante sur laquelle beaucoup de jeux "homemade" font leur apparition.
Officiellement, la Dreamcast est donc une console de l'ancien temps. Une de ces reliques que l'on peut parfois retrouver dans les shops de retro-gaming, ou au détour d'un stand de vide-grenier. Officieusement, elle est encore vivante, maintenue par une toute petite communauté amoureuse de ses qualités. Il ne faut pas oublier que, grâce à la Dreamcast, nous avons pu connaître Ikaruga, un shoot'em up vertical d'anthologie. Et rien que pour ça, merci Sega !
La Sega Saturn
Lorsque la Mega Drive a été retirée du marché, il fallait lui trouver un successeur digne de ce nom. La Sega Saturn (ou plus simplement, la Saturn) aura donc pour mission de devenir la quatrième console de salon développée et commercialisée par Sega en 1994. Une année plus tard, en 1995, la concurrence sera en place : Sony sortira sa première version de la PlayStation, tandis qu'en 1996, Nintendo voudra lui aussi se faire une place avec la fameuse Nintendo 64. Dès lors, on constate que la Saturn n'est pas un succès commercial : au Japon, la console se vend pourtant très bien, mais ce n'est pas le cas dans les autres régions du monde, notamment aux Etats-Unis, où elle est boudée par les joueurs.
L'un de ses principaux problèmes est la difficulté qu'ont les programmeurs pour faire les jeux : l'architecture interne de la console est beaucoup trop complexe, ce qui rend laborieuse la création de jeux. Qui plus est, la bibliothèque de jeux ne suit pas : Sega n'arrive pas à sortir un jeu qui soit véritablement emblématique. On appelle Sonic à la rescousse, mais sans succès : un jeu baptisé Sonic X-treme est censé voir le jour, mais ne sortira jamais. La raison est simple : les équipes de Sega sont incapables de mettre au point un jeu satisfaisant. Pourtant les rétro-gamers, eux, savent se souvenir de quelques pépites. Que dire de Nights into Dreams, Sega Rally Championship, Panzer Dragoon ou encore des Virtua Fighter si ce n'est que ce sont tous des excellents jeux ? Certains sont même des adaptations de jeux d'arcade : The House of the Dead, jeu de tir à la première personne, est adapté de manière remarquable sur la console ; de même pour quelques jeux de combats qui perdurent encore dans les mémoires : Marvel Super Heroes vs. Street Fighter, ou Street Fighter Alpha 3 pour ne citer que les plus célèbres. La bonne idée de Sega est aussi de créer des manettes analogiques similaires à des manettes d'arcade, ce qui rend la prise en main beaucoup plus agréable.
Critiquée pour la gestion commerciale de la console et pour son retrait de la vente, jugé un peu rapide, dès 1998, Sega essaiera néanmoins une dernière fois de se faire une place avec la Dreamcast. L'échec de celle-ci marquera la fin de Sega sur le marché des consoles de salon.
Le rétro, en grand format
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